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Est-on sorti de la crise française de l'Euro ?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

L'élection française présidentielle a été l'occasion d'un vif échange entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron au sujet de l'Euro...

 

Pour le moment la question n'est plus à l'ordre du jour, le nouveau Président veut réformer les pratiques européennes purement bureaucratiques et bien souvent éloignées de la réalité économique et sociale. La partie est-elle gagnée ? En se plaçant sur un plan purement technique, ce n'est pas certain.

Après une phase dite du « Serpent monétaire », qui avait pour objet de rapprocher les taux de change entre les monnaies de certains pays européens en 1999, ceux-ci sont fixés de manière irrévocables et l'euro est créé en 1992 lors du Traité de Maastricht, d'abord sous forme scripturale, puis avec des pièces et des billets en 2002. Adopté par onze pays à l'origine, la monnaie commune est actuellement celle de 19 pays.  Les Français n'ont pas toujours bien vécu ce changement de monnaie, nombreux sont ceux qui ont affirmé que les commerçants en avaient profité pour majorer leurs prix. D'après une étude de l'INSEE du 24 mai analysée dans le Monde du 25, il y a eu des dérapages, mais les prix n'ont pas « flambé durablement en France et l'Euro est maintenant adopté ». Pour des raisons politiques, le Front National a fait campagne pour le retour au Franc et donc à la sortie de l'Euro.      

Les conséquences d'une sortie de la zone euro ont été amplement développées : la monnaie unique assure la fluidité des échanges dans l'espace européen ; en cas de retour au Franc que deviendrait la dette française (plus de 2 milliards d'euros), les créanciers demanderaient le remboursement de leurs prêts, dans quelles conditions ? La monnaie unique a eu pour mérite de mettre fin aux dévaluations compétitives pour essayer de relancer les exportations ; elle assure une forme de crédit de la France pour le commerce international. Beaucoup d'autres raisons pourraient être évoquées, dont le chaos pour les opérations internes. La question n'est plus actuellement à l'ordre du jour, la majorité des français semble préférer la stabilité à l'aventure, même nationaliste. Toutefois, la zone euro présente des défauts, dont on reparlera dans la chronique suivante...