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Chômage : flexisécurité , la solution ?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Il semble que le Président soit intéressé par cette pratique pour lutter contre le chômage, dont la Ministre des Finances Suédoise a présenté les mérites dans un article récent du Monde (1) ...

 

... Cette structure, inspirée de l'expérience danoise, présente les caractères suivants : faciliter les licenciements et en conséquence les embauches (meilleure fluidité du marché du travail, que les contrats de travail soient des CDI ou des CDD), bonne indemnisation du chômage, possibilité de refuser une première proposition d'embauche, mais pas une seconde,  assurer une formation continue aux salariés ayant perdu leur emploi... Une structure à la française, pourrait voir le jour, l'accord du 11 janvier 2008, sur la modernisation du travail, ne semblant pas avoir eu beaucoup de succès.

Flexisécurité à la française, la solution pour lutter contre le chômage  et le mal être des travailleurs ? Soyons prudents. Dans un article du Monde du 14 juin 2017, une chercheuse de l'IRES (2) analysant les études syndicales réalisées aux Pays Bas après dix ans de pratique de la flexisécurité note les « effets pervers » de cette pratique : « course vers le bas des rémunérations et de la qualité des emplois, ralentissement de la productivité, faiblesse de la formation des travailleurs flexibles, surexposition des moins qualifiés et des plus âgés à la précarité, apparition de faux indépendants pour bénéficier d'avantages fiscaux...». Cette situation a conduit à  la conclusion d'un accord social, suivi de trois lois en 2013. De son côté, le principal syndicat néerlandais la FNV, a demandé la création de vrais emplois.

Il faut attendre les dispositions prises par le gouvernement, mais que la flexisécurité à la française contribue à améliorer les relations dans le monde du travail, ce serait une avancée importante, mais certainement insuffisante si la réforme du Code du travail devait s'arrêter là, l'expérience danoise doit être prise en compte.

(1)Le Monde 9 juin 2017.

(2) Marie Wierink est chercheuse associée à l'Institut de Recherche Economique et Sociale, IRES.