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Chômage et Formation Continue…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Dans la France des années 50, encore largement rurale, on prenait un emploi à la fin de la scolarité et bien souvent on le conservait jusqu'à la retraite...

 

... au mieux on améliorait ses connaissances au fil des années dans l'entreprise. Bien évidemment les classes dirigeantes, étaient conduites à se « mettre à jour », mais cela ne visait qu'un nombre limité d'agents.

Dans le système actuel les salariés ont droit à un «compte formation » : pour les salariés à temps plein le plafond global est de 150 heures, pour les salariés à temps partiel au prorata des heures travaillées, avec majoration éventuelle pour des heures supplémentaires.

Par rapport au régime antérieur il y a un progrès, mais quelle formation peut-on acquérir en 150 heures, à condition que les intéressés acceptent et soient capables de faire l'effort, compte tenu de l'évolution très rapide des techniques : dans le cycle universitaire, une licence 3 ans, une maîtrise 4, un doctorat 5, ensuite ces étudiants ont encore besoin d'un complément de formation dans une entreprise ou un service. La plus grande partie des salariés devra se contenter d'une formation dans l'entreprise ou dispensée par un organisme extérieur.

Actuellement, étudiants et syndicats sont focalisés par la crainte de la sélection, après la mésaventure des APB. En fait, n'est-ce pas plutôt les programmes scolaires qu'il faudrait revoir. Il faut avoir un socle avec les connaissances de base, c'est indispensable, mais la plupart des étudiants n'ont rien à faire avec « la culture générale », si plus tard ça les intéresse...

 Il faut attendre les nouvelles dispositions du gouvernement concernant la formation. Elle devra désormais être continue pendant toute une carrière, afin d'être toujours disponible en cas de changement de l'offre de travail, y compris dans les administrations. Cela devrait permettre d'éviter des situations comme celle décrite dans le Monde du 17 octobre, « les usines textiles cherchant salariés désespérément », les salariés n'ayant pas la formation nécessaire(1). Seule une formation continue dans une technique permettra de conserver ou de retrouver un emploi et permettre au chômage de baisser, normalement...

(1)  L'article du Monde vise le textile, mais cette inadéquation existe dans d'autres secteurs et services : restauration, travaux de réparation ou d'entretien...