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Brexit, la séparation a un prix…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSE

Le Général de Gaulle, lors de son refus que l’Angleterre devienne membre de la  Communauté pensait qu’elle n’était pas prête à abandonner « Le grand Large » pour un destin européen ...

 

... Le Président Pompidou, quelques années plus tard, pensait qu’on ne pouvait créer une Union Européenne sans la Grande Bretagne. Il n’avait pas tort, mais cela  impliquait que les mentalités changent et que citoyens et hommes politiques britanniques acceptent de devenir européens, ce qui n’a pas été le cas, même si au fil des années, ils ont pris à Bruxelles une place de choix, en plus de la domination de la langue.

Quarante ans après où en est-on ? Le divorce est consommé, Brexit «soft ou dur », il est difficile de le dire deux ans avant la séparation définitive. Toutefois, certaines conséquences se font jour. Même si le problème de l’Irlande trouve une solution durable, l’économie anglaise risque de vivre des moments difficiles pour son agriculture, son industrie, pour la City première place mondiale pour les services financiers, qui risque de perdre sa place même si elle se tourne vers des opérations avec les pays émergents comme le Moyen orient, l’Asie ou l’Afrique ( 1), Paris et Francfort faisant du forcing pour récupérer les  cadres qualifiés et leur savoir-faire. 

L’Union Européenne profitera-t-elle de cette séparation ? Peut-être, mais actuellement ce divorce lui coûtera cher, car la contribution anglaise dans le budget communautaire était de l’ordre de 12 à 14 milliards d’euros, d’après le Monde du 24 février, car les dépenses n’ont pas cessé d’augmenter pour aider les pays européens en difficulté ou faire face à des crises comme celle des migrants ou du Moyen Orient.

 Face à cette situation, Bruxelles pense demander un montant plus important de la TVA perçue par chaque Etat membre,  taxer les GAFA (2) d’après leur chiffre d’affaires au lieu de leur bénéfice, percevoir une part de la taxe sur les transactions financières (elle n’est pas encore  entrée en application), obtenir plus de la fiscalité verte...mais cela demandera du temps.

Rares sont les divorces qui se terminent bien... Finalement qui paiera la note ? Les citoyens européens encore une fois, les responsables européens ayant été incapables de mettre en place une véritable politique commune, privilégiant les problèmes sociaux et économiques importants.

(1) Le Monde du 20 mars 2018 ;

( 2) Les GAFA, principales entreprises internationales :

Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft,  Le Monde du 24 février 2018.