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I. La mésaventure des migrants…et de l’Europe

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Nous sommes en présence d’une forte migration de population africaine vers l’Europe. Certes, il y en a toujours eu, due en partie aux liens créés par  la colonisation...

 

 

... mais jamais aussi importante que ces dernières années. Les raisons sont nombreuses : régimes politiques dictatoriaux, gestion économique incohérente, enrichissements injustifiés de nombreux dirigeants, niveau de vie en dessous du seuil de pauvreté, développement du rôle d’une religion. Avec en conséquence : la Méditerranée, un cercueil pour beaucoup de ceux qui tentaient l’aventure, l’esclavagisme, avec des trafiquants dont le seul but est l’argent, et pour ceux qui ont réussi la traversée, souvent les camps, la misère et aucun espoir d’une vie meilleure.

En face de cette situation, la position de l’Europe a montré toute sa faiblesse. Après l’accueil avec des fleurs en Allemagne, pour des raisons démographiques internes, la tendance s’est retournée : d’un côté les pays envahis par les migrants, Grèce, Italie, et de l’autre le bloc des pays de l’Est (groupe de Visegrad), refusant toute arrivée de ces populations,  les autres pays bordés par la Méditerranée fermant pudiquement les yeux sur cette situation. Il a fallu que l’Italie, avec le changement de régime politique, refuse toute arrivée nouvelle sur son territoire, ainsi que le drame de l’Aquarius pour que l’Europe se saisisse vraiment du problème.

Les africains continuent d’avoir plusieurs enfants, ce qui implique un flux continu à destination de l’Europe pendant des années. L’Italie a publié un mémoire sur les solutions qu’elle préconise : renforcer les frontières de l’UE, créer des centresde protection internationale dans les pays de transit (la Libye a fait savoir au Ministre de l’intérieur italien Salvini quelle refusait l’implantation de centres fermés sur son territoire, à quoi celui-ci a répondu que l’on pourrait installer des « hot spots » à la frontière libyenne coté Nigérien) (1),  

La réunion de Bruxelles fin juin 2018 trouvera-t-elle un compromis ?

(1) Le Monde du 27 juin 2018.