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La Chine, la Russie et l’Europe…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

En 1918 l’Europe sortait d’une guerre qui l’avait financièrement ruiné, en 1945 la deuxième guerre mondiale l’avait détruite, des millions de morts, les économies dévastées...

 

... Dans les années 50 pour mettre fin à ces tragédies plusieurs pays se rapprochent pour tendre vers une Union fédérale dont le Traité de Rome en 1957 semble ouvrir une ère nouvelle, faite de paix et de prospérité. La chine se débat dans des querelles idéologiques internes, la Russie essaie de se reconstruire avec un régime politique dictatorial, lequel recourt souvent à la menace de guerre...le développement économique n’étant pas sa priorité, même si elle affirme le contraire. Où en sommes-nous cinquante ans après ?

Après l’ère Mao, la Chine a assuré son développement, mis fin largement à la pauvreté, elle est devenue une nation dominante dans cette zone pacifique, longtemps  réservée aux Etats Unis. Elle a racheté, l’aéroport d’Athènes, des entreprises dans la plupart des pays européens, ou s’est implantée dans une partie de l’Afrique,  elle prépare « la route de la soie » avec des moyens gigantesques pour conquérir le monde européen…Quant aux moyens militaires ils lui assurent un pouvoir sans précédent.

La Russie, après l’ère stalinienne, a présenté un certain libéralisme du temps de Gorbatchev, sans vraiment réussir une percée économique, mais, surtout avec Vladimir Poutine, une puissance militaire qui inquiète les européens, ce qui lui assure un effet de domination sur tous les pays voisins.

Et l’Europe ? Son essor économique est fragile, n’ayant aucune source de matières premières sur son territoire, même pour le gaz elle dépendra du bon vouloir de la Russie, elle a été incapable de créer une unité politique pouvant rivaliser avec les nouvelles puissances, sur le plan militaire que représente son poids lorsque la Russie fait défiler sa flotte en Méditerranée et présente un armement classique ou nucléaire comme elle l’a fait récemment avec la Chine qui à son tour a montré ses muscles (1). Pendant ces cinquante ans Bruxelles a été maladroit, accordant de l’importance à la taille des bananes ou au débit des pommeaux de douche, plutôt qu’aux vrais problèmes de croissance et de sécurité, les Etats ne voulant rien voir de ce qui se préparait.

En 1950 l’Europe pouvait et devait, devenir un des grands du siècle à venir, elle est maintenant déchirée, incapable de parler d’une seule voix ! Les Européens ne croient plus en l’Europe mais comment leur reprocher ? Encore une fois, le célèbre «nous autres civilisations qui sommes mortelles...», lui sera-t-il appliqué ?

(1) Le Monde du 30 Août et 15 septembre 2018.