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Quel avenir pour les petites villes et leurs habitants ?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

 Dans les années 1950 la France était fière de ses 35 000 communes !  Certes, elles n’étaient pas toutes importantes, mais par rapport  à une population en grande partie agricole...

 

 

...elles représentaient un lieu de rencontre, de discussions pour ceux qui qui y habitaient. Elles étaient un centre de vie et de contacts. Où en sommes- nous ?

Beaucoup de ces gros villages et villes moyennes meurent peu à peu : on commande par internet au lieu d’aller chez la commerçante du coin...On le voit avec des villes comme Nevers, Moulin (1) et combien d’autres, activités et habitants les quittent pour aller vers les grands centres où ils espèrent trouver du travail et une vie plus conforme à leurs besoins, en particulier pour l’éducation des enfants.

Au 19ème siècle les campagnes se sont vidées de leurs habitants pour se rendre dans les grandes villes ou se trouvaient le développement industriel et l’espoir d’une vie meilleure. La fracture territoriale actuelle n’existe pas seulement pour les transferts « au-delà du périph », on la trouve dans la plus part des régions, sauf dans quelques  zones privilégiées comme celles de Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux…dans la mouvance des mégapoles. Ces transferts économiques et humains ont un coût difficile à chiffrer, mais comme au 19ème siècle est-on en présence d’un vaste mouvement de restructuration de nos territoires comme ce fut le cas il y a plus de cent ans en France, et dans d’autres pays comme les USA (2)... au moment du développement de la grande industrie ? 

 

Le mouvement des gilets jaunes en France a de nombreuses explications, mais on retrouve souvent dans les déclarations, ce besoin de «Vivre au pays » qui marque l’inquiétude des personnes. Le gouvernement peut modifier la CSG, revoir le montant des retraites, abaisser les droits sur les carburants…cela peut calmer la colère mais durablement comment faire accepter les changements nécessaires, comme pour le climat, sans relancer la révolte ?

 

Toutefois, on ne peut arrêter ce mouvement de transfert vers les grandes villes et les centres de développement où les jeunes peuvent s’initier aux techniques nouvelles de l‘informatique et de la robotisation, le gouvernement doit les aider et les accompagner, sinon la France face aux USA et à la Chine disparaîtra. Quant aux villes en perte de vitesse il faut qu’elles reconstituent une économie locale en liaison avec ces mégapoles, ce qui n’est pas évident.

(1) Même problème en Grande Bretagne, voir le Monde du 15 décembre 2018, page 2 ;

(2) Relire les Raisins de la colère de John Steinbeck.