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II. Peut-on réformer la France ?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

L’année 2018 s’est terminée en pleine crise des gilets jaunes, après de nombreuses violences. La nouvelle année débute dans les mêmes conditions...

 

 

Cette crise a commencé avec la hausse des carburants, très mal gérée par un gouvernement  certain de son pouvoir. Certes le prix du litre de carburant était trop élevé, mais cette explosion a été l’occasion d’exposer tous les sujets de mécontentement pour partie de la population vivant en dehors des grandes villes ; une incompréhension du gouvernement quant à la faiblesse du pouvoir d’achat pour une partie de la population, active ou retraitée, une fiscalité trop lourde et trop compliquée avec en plus le changement de la perception de l’impôt dont on ignore encore les conséquences, combien de bugs ?le tout accompagné d’une certaine arrogance...Où en est-on aujourd’hui ?   

Le sentiment d’inégalité est de plus en plus mal vécu, lorsque certaines personnes vivent avec 500 euros par mois, souvent avec des enfants, alors que le luxe et la richesse d’autres s’affichent sans complexe. L’idée d’un revenu de base est de plus en plus d’actualité. Même si sa mise en place est difficile et onéreuse (voir dans des articles antérieurs les difficultés en Suède ou au Pays Bas), mais la révolte des intéressés s’explique, surtout quand on sait que les revenus des plus riches ont augmenté beaucoup plus que pour les plus démunis ? Ce phénomène n’est pas propre  à la France, on le retrouve dans tous les pays, en particulier aux Etats-Unis, mais ils n’ont pas eu l’équivalent de la Révolution française et de ce désir d’égalité qui subsiste toujours en France.

Face à cette situation que peut faire le gouvernement ? Aménager la situation, accorder de nouvelles aides, mais tout changer pour quelles nouvelles institutions, ne peut conduire qu’à un conflit général et après ? Alors il ne faut rien faire ? Si, mais éviter les mesures démagogiques et contraindre les plus riches à partager mais en évitant de casser toutes les structures en place, car la France de 2019 n’est plus celle de 1789 et si les pays étrangers qui participent à l’économie française refusaient de travailler avec nous, à quoi serions-nous réduits ? La grande réunion du 15  janvier lancée par le Président, va-t-elle dans ce sens, peut-elle créer une sortie de crise on peut en douter …

Comme on l’a vu lors de la révolte du Caire ou de Tunis, les participants demandent tout, sans se préoccuper de savoir ce qui est possible financièrement, ce qui se comprend dans des moments de révolte, mais la France de demain a besoin de stabilité si elle veut faire partie des nations maîtrisant les nouvelles techniques scientifiques, de la révolution big data aux robots...