socials Twitter SDL Facebook SDL Vimeo SDL

Revenu universel, revenu de base, un sujet toujours d’actualité…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

La situation économique s’est un peu améliorée en Europe, mais le chômage est toujours très important et beaucoup de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté...

 

 

Dans une chronique de septembre 2018 nous avions déjà évoqué cette question.  Peut-on noter un progrès ou une certaine indifférence ?

Compte tenu de l’augmentation de la pauvreté le nombre de pays ou de villes qui étudient la mise en place de ce type de revenus semble avoir augmenté. On en trouve aux USA, en Europe, en Afrique, en Inde...toujours avec le même désir : les aides sont insuffisantes il faut que les plus pauvres disposent d’un revenu stable. Toutefois on constate que les expériences sont limitées à un nombre réduit de personnes un ou deux mille et, généralement limitées dans le temps, deux ans. A part des pays comme la Suisse qui, par votation, a refusé toute mise en place d’un revenu de ce type, les conséquences tirées actuellement de ces essais sont encore incertaines.

Parmi les pays qui ont poussé l’expérience assez loin on trouve la Finlande : Versement de 560 euros non imposables, pendant deux ans, en remplacement de l’allocation chômage, sans empêcher la perception d’autres revenus. D’après les travaux d’un Universitaire, le Professeur Kangas ( 1), les chômeurs impliqués n’ont pas sombré dans la paresse toutefois, beaucoup n’ont pas retrouvé de travail, mais les personnes faisant partie de l’échantillon sont en meilleure santé et seraient moins stressées, résultat nullement négligeable, mais avec une portée toutefois limitée.

Le revenu universel ne transformera  pas le monde du travail, mais il peut aider à diminuer la pauvreté absolue et pour certains à reprendre courage pour trouver du travail, sans faire partie des exclus à titre définitif.  Mais pour cela trois conditions sont indispensables :

- Il faut d’abord que les français comprennent que la lutte contre la pauvreté fait partie de la solidarité et que les bénéficiaires en contrepartie de cette aide  essaieront de se réinsérer dans ce monde du travail plutôt que choisir la paresse ou le pub ;

- que le nombre de bénéficiaires doit être important mais ne pas porter sur toute une population ce qui serait difficilement accepté ;

- le gouvernement doit tenir compte de l’équilibre des finances et des expériences étrangères. 

      (1) Le Monde, 9 / 2 / 2019.