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La pauvreté ne diminue pas…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Quel est le seuil de la pauvreté ? question difficile à résoudre. Il faut tenir compte des écarts de niveau de vie, car le seuil est complètement différent entre la Suisse et la Norvège d’une part le Portugal ou la Roumanie de l’autre.

 

 

Pour les deux premiers il se situerait, d'après Eurostat (1) à 1300 €, à 540 € pour le Portugal, et à 265 € pour la Roumanie. Il vaut mieux être pauvre à Genève qu'à Bucarest. D'où la difficulté de comparer les différents pays à l'intérieur de l'UE. En France il se situerait à 1000 €. Malheureusement les niveaux de vie ne se rapprochent pas.

En France la pauvreté ne diminue pas, surtout la grande pauvreté telle qu'on la perçoit dans les moments les plus difficiles comme l'hiver. Les régions les plus touchées sont celles qui ont perdu leur dynamisme économique : désindustrialisation, extension des villes pilotes, fuite des jeunes...on les trouve essentiellement dans le Nord, dans le Centre et le sud du Massif Central, mais les grandes métropoles n’échappent pas non plus à la pauvreté, du moins dans les parties les plus défavorisées telles qu’indiquées pour la région Ile de France dans Le Monde, à partir d’une étude de l’ IAU (2), la carte présentée faisant nettement apparaître que les communes franciliennes aisées sont situées au centre et à l’Ouest et que les communes pauvres ou très pauvres le sont à l’Est. Certes, comme le dit Laurent Davezies dans Le Monde du 15 février (3) « Non l’Etat n’a pas abandonné des territoires », car la politique de redistribution a permis de limiter la pauvreté sans la faire disparaître.

Le gouvernement et plus spécialement le Président, ont annoncé en septembre 2018 la mise en place en 2020 du « Revenu Universel d’activité » (RUA) pour lutter contre la pauvreté. Il regrouperait un grand nombre de prestations sociale, du RSA (revenu de solidarité, aux aides personnalisées au logement (APL), prime d’activité, mais avec des contraintes dans le parcours d’insertion à savoir que le bénéficiaire ne pourrait refuser « plus de deux offres raisonnables d’emploi ou d’activité ». On arrive peu à peu mettre en place un revenu minimum pour vivre.  On ne peut qu’approuver cette solution, mais un doute subsiste, lorsque l’on sait les difficultés auxquelles ont dû faire face le Danemark la Finlande et bien d’autres pays (voir SDL Le Monde du 3.3.2019 ;

(1) Eurostat, données 2016 ;

(2) Situation des communes franciliennes, Le Monde 4 juin 2019 et carte de l’IAU, Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile de France ;

(3) Non l’Etat n’a pas abandonné ses territoires, Laurent Davezies, Le Monde 15 février 2019