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Encore possible de réformer la France…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Nous nous sommes déjà posé la question, la dernière fois au mois d’avril après l’épisode des gilets jaunes. Compte tenu de la crise sociale en France, nous avions suggéré un certain nombre de pistes sur lesquelles le gouvernement pouvait ou devait s’engager...

 

 

... Après les séances d’explication du Président, lors de son tour de France, on pouvait espérer que le temps et la réflexion aidant, la contestation, souvent brutale, ferait place à une concertation raisonnée, rien n’est moins certain actuellement…
Le gouvernement à la rentrée, est confronté à quatre problèmes principaux : la préparation du budget 2020, le régime des retraites, la PMA et l’immigration. Il y en a d’autres comme celui du changement climatique ou la hausse des carburants, sans oublier les questions internationales…


Compte tenu de la situation financière de la France, avec une dette proche de 100 % du PIB, l’hypothèse retenue actuellement serait de limiter le déficit budgétaire à 2,1 %. Des ajustements seront obligatoires conduisant à une limitation des baisses d’impôts et à la remise en cause de certaines dépenses sociales, celles décidées en avril concernant le Ministère des armées ou l’éducation étant évidemment maintenues.


Second sujet explosif, celui des retraites, en discussion depuis des mois par l’intermédiaire de Jean-Paul Delevoye, lequel a été intégré maintenant dans l’équipe gouvernementale.  Aucune solution n’a obtenu un accord des salariés et des syndicats : retraite par points avec flexibilité de la date de départ à la retraite, on est loin du régime universel souhaité par le Président. Les manifestations de samedi dernier, avec violences, reprendront le 24 septembre et risquent d’être plus graves. On ne change pas 42 régimes existant, résultant d’une longue histoire de luttes des salariés et des syndicats, d’un coup de baguette magique.  


Autre sujet d’inquiétude pour le gouvernement celui de la PMA (procréation médicalement assistée) qui serait appliquée aux femmes seules et à celles vivant en couples. Le nombre d’opposants est important, en particulier une partie du clergé qui, lui aussi a défilé dans la rue.


Le problème des migrants. Question urgente dont le Président veut un débat au Parlement et surtout contrer Marine Le Pen, dont c’est un élément de son fonds de commerce pour l’élection présidentielle de 2022.Malgrè l’opposition d’une partie des députés de la REM, le Président s’est saisi de cette question car selon sa déclaration « Les bourgeois ne croisent pas l’immigration. Les classes populaires vivent avec » (1).


Ces différentes dispositions qui feront l’objet de chroniques ultérieures, seront soumises au Parlement : mais c’est suite à la pression de la rue que les décisions seront prises. le Parlement ayant maintenant un rôle secondaire. Comment le Président a-t-il pu accepter de relancer tous ces sujets à haut risque en même temps ! La France ne sera réformable qu’avec un gouvernement fort, car il y a trop de questions à régler et la psychologie des français ne semble pas prête à accepter les changements.


(1)Voir le Monde du 18 septembre avec les déclarations du Président.