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Le Brexit mais lequel…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Devenir membre de l’Union Européenne n’a pas été facile pour le Royaume Uni, la quitter s’avère beaucoup plus difficile. Après l’échec du referendum de 2016, pour rester pleinement dans l'UE, l'essai raté de Theresa May, l'Angleterre sombre dans l'anarchie et la violence...

 

 

 


La nomination de Boris Johnson comme Premier Ministre montrait que notre voisin choisissait l'aventure, et la démagogie. Sortir de l'Europe avec un no deal au 31 octobre semblait confirmer en dehors de toute logique économique et sociale qu’une partie des parlementaires étaient prêts à prendre tous les risques, quitte à ouvrir l'ère du chaos. Pour faire aboutir ce projet, Boris Johnson a décidé contre toutes les règles établies, de suspendre le Parlement du 9 septembre au 14 octobre, ce qui d'après lui devait assurer l'acceptation d'un BREXIT dur le 31 octobre compte tenu du temps limité dont les parlementaires pourraient refuser sa politique.


C’est là qu’on on retrouve la grandeur de la Grande Bretagne grâce à la Présidente de la Cour suprême «La recommandation faite à la reine était illégale car elle a eu pour effet d'entraver la capacité du Parlement à exercer ses fonctions démocratiques et ce sans justification rationnelle (1). Le premier Ministre humilié, est-il calmé ainsi que les brexiteurs les plus durs… ?


Absolument pas, les tenants d'une rupture avec l'Europe, encouragés par des démagogues ambitieux comme Nigel Farrage, changent actuellement de tactique. On se croirait à Hong Kong : Injures aux parlementaires (2) pro-européens, menaces de mort ! Ainsi l'Angleterre pays équilibré, ouvert à la discussion et au compromis plongé dans l'anarchie ? En fait les plus déterminés des brexiteurs ne peuvent accepter que leur pays qui a longtemps régné sur le monde soit réduit à une place secondaire et n'ai aucun espoir de la reconquérir. Le 2 Octobre Boris Johnson a fait des propositions lors du congrès des Tories à Manchester (3) concernant l’Irlande, l’Irlande du Nord quitterait l’Union douanière européenne, mais continuerait d’appliquer les règles européennes pour la circulation des biens, avec une zone de réglementation étendue à toute l’Irlande», ce qui ne semble convaincre ni celle-ci ni Bruxelles (4). D’autre part, les Européens refusent d’accorder à Belfast un droit de veto sur l’accord. Aux dernières nouvelles, Boris Johnson serait prêt à demander à l’UE un report du Brexit, lequel devrait intervenir au plus tard le 19 octobre si le Parlement n’a pas fait état de son accord avec Bruxelles. L’imbroglio est complet


L'union Européenne, comprend 27 pays, avec autant de psychologies et d'intérêts différents, mais pour la Grande Bretagne, jouer la carte européenne n'est-ce pas retrouver une partie de ce passé glorieux ? Au contraire elle risque après une période d'incertitude et de violences, de sombrer dans un chaos complet


(1)Décision de la Cour suprême. Le Monde 26/03/ 2019 ;
(2)Situation en Angleterre. Le Monde 1/ 10 / 2019 ;
(3)Congrès Tories à Manchester. Le Monde 4 / 10 / 2019 ;    
(4)Perplexité de Bruxelles et de l’Irlande