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La Démocratie, oui, mais laquelle...

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Le monde grec a beaucoup discuté de la tyrannie et de la démocratie. Après la longue période des monarchies autoritaires le 18ème siècle a vu la reprise des études sur la démocratie, beaucoup aspirant à des régimes politiques plus libéraux, suite à la révolution française.. 

 

Parmi les définitions de la démocratie on en retiendra deux parmi les plus connues :  
-    D'après Rousseau, dans le Contrat social, «la souveraineté appartient au peuple...le gouvernement c'est l'exercice légitime de la puissance exécutive », mais d'ajouter « la démocratie est réservée à un peuple de dieux...».
-     Au milieu du 19ème siècle, le Président Abraham Lincoln a défini la démocratie comme « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », bien mais quel contenu ?  Au début du 21ème siècle a-t-on enfin trouvé ce que doit être une démocratie ?

Quelle que soit la réalité du pouvoir, les gouvernements actuels affirment tous être « démocratiques », comme si ne pas l’être était une véritable tare. Quand on observe les principaux pays on peut noter :
1/ Ceux du monde occidental : Europe, Etats Unis, Canada qui utilisent tous un système de représentation pour transmettre les messages des citoyens au sein d’un Parlement.
2 /Les démocraties dures qui ont officiellement recours à la représentation, mais dont l’exécutif est dominant et n’hésite pas à recourir à des méthodes brutales pour appliquer sa politique, telle la Chine de XI Jinping.
3/ Il y a enfin un ensemble de pays, que l’on retrouve surtout en Afrique, et qui sont de pures et simples dictatures.

Les démocraties de l’Ouest comme la France, s’inspirant largement des principes de la révolution française et de la vie politique anglaise, avant le Brexit, fonctionnent avec un mécanisme de représentation des citoyens par des députés depuis plus de cent ans, mais la fin de ce système est peut- être proche, pourquoi ? Au 19ème siècle et au début du 20ème  le député ou le sénateur étaient des notables qui avaient une bonne culture, en particulier politique. Les citoyens, monde salariés industriel ou agricole, leur faisaient confiance, ce n’est plus le cas.

La culture, même la culture de masse, a permis à un grand nombre de citoyens de mieux connaître les questions économiques et sociales, même si ces connaissances sont insuffisantes, en outre ces personnes souhaitent participer directement à la vie sociale et politique, comme les gilets jaunes en France.

Démocratie directe, participative, rien n’est encore figé, mais le système semble en partie condamné pour un nouveau type de démocratie. Ce que l’on peut craindre, en présence de la pression démographique, que les futurs régimes politiques conservent le nom de Démocratie, mais soient en fait des régimes de contrainte, sous prétexte de maintien de l’ordre, alors que la démocratie implique une grande part de liberté.