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Les Fonds Activistes un danger pour les entreprises ?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Cette technique se pratique semble-t-il couramment aux Etats- Unis, mais jusqu'à maintenant la France et l'Europe avaient échappé à ce type d'agression...

 

« Un actionnaire minoritaire exige d’une société cotée qu’elle change sa stratégie, en faisant campagne auprès d’autres actionnaires », alors que les actionnaires privés ne suivent pas toujours l’évolution de ces entreprises.
Les fonds sont pour le moment, d’origine américaine, et les cibles de grandes entreprises françaises ou européennes : Elliott-Telecom Italia et Pernod Ricard, TCI-Airbus, CIAM- Eurodisney, Mudy -Waters- Casino, PSAM-Vivendi, TCI-Safran (1 )… Ces opérations qui ont souvent pour but de réclamer un changement dans la direction de la société cible conduit certaines fois à une hausse du cours de Bourse (rachat d’Euro Disney par Walt- Disney), mais souvent à une baisse du prix de l’action comme dans le cas de rachat de Zodiac Aerospace par Safran (- 15 %%) ou dans le cas de casino (- 20 %).
L’objectif peut être différent, d’après l’analyse du Professeur Nussenbaum (2). Il y a tout d’abord ceux qui veulent obtenir des changements dans la gouvernance et pour cela souhaitent entrer dans les Conseils. Ils veulent convaincre que la société est sous- évaluée par rapport à son potentiel et qu’une politique différente menée par des dirigeants différents permettra de créer de la valeur actionnariale. Une autre catégorie, plus importante, veut essentiellement obtenir des changements stratégiques notamment dans les objectifs, la structure financière ou encore la politique de rémunération des dirigeants ».
Une remise en cause de la vie des entreprises cotées ? Certes il y a une certaine stabilité dans les Conseils d’Administration, un certain engourdissement, mais il ne faut pas déstabiliser ces grandes unités et surtout faire perdre à Paris son attractivité. Aussi dans son rapport, encore non publié, le Président de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale, Eric Woerth, suggère les mesures suivantes pour limiter les tendances excessives :
-Abaisser le niveau de déclaration de 5 à 3 % lors du franchissement pour la détention d’actions ;
-Réduire l’asymétrie entre activiste et cible, pour que celle-ci dispose des informations communiquées à ses actionnaires ;
-Assurer un encadrement plus étroit des ventes à découvert (3) ;
-Permettre à l’AMF (Autorité des marchés financiers) d’agir plus rapidement afin d’éviter les abus.    
Ce rapport permettra-t-il aux autorités publiques de limiter et contrôler ces opérations de conquête ? On savait depuis longtemps ce qui se passait, pourquoi gouvernements et administrateurs n’ont rien fait ?     
(1) Liste publiée par les Echos.  
(2) Maurice Nussenbaum, Professeur de Finances à l’Université Paris-Dauphine.    
(3) Vente à découvert, vente de titres pour 100 euros, que vous ne détenez pas, titres empruntés pour quelques jours,  rachetés sur le marché à 80 euros en baisse, d’où bénéfice d’une plus- value, d’où il faut déduire le coût de l’emprunt