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Baisse du chômage, mais attention aux conséquences…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Le chômage est un mal social qu’aucun gouvernement ne peut supporter sans réagir. Largement disparu après la deuxième guerre mondiale en Europe, il est peu à peu réapparu pour devenir un chômage de masse à caractère structurel...

 

 

...Après de nombreux efforts certains gouvernements ont renoncé, c’est le cas de François Mitterrand qui a déclaré un jour « On a tout essayé ».
Emanuel Macron depuis le jour de son investiture, n’a pas renoncé, mais si le chômage a un peu diminué, le nombre de chômeurs étant actuellement de l’ordre de 3,6 Millions, outre- mer compris (1), peut être une conjoncture plus favorable. Pour la Dares et pôle emploi, cette baisse qui semble durable, touche toutes les catégories A à C, sauf chez les jeunes. Cette tendance devrait s’améliorer avec le plan de formation pour les demandeurs d’emploi et les jeunes sans qualification.

Pour accélérer ce mouvement le Gouvernement vient de prendre plusieurs dispositions qui sont entrées en vigueur le 1er novembre 2019. Pour avoir une allocation il faudra avoir travaillé six mois sur une période de 24, au lieu de quatre sur 28 lors de la période antérieure, en outre les droits à prestations ne seront rechargés qu’au bout de 910 heures d’où une augmentation du temps de travail et une diminution des droits. Comme le déclarait l’UNEDIC « La réforme va fabriquer des pauvres » (2). Il faut réformer l’assurance chômage, mais celle mise en place, rejetée par tous les syndicats, aidera-t-elle les salariés à se mobiliser et surtout à accepter de plus mauvaises conditions de travail moins rémunérées comme c’est le cas en Angleterre ? Rien n’est moins sûr ? Mais était-ce le moment propice pour prendre ces dispositions alors que le chômage baisse ?

On ne peut regretter qu’une chose, c’est que ces mesures, discutables par leur rigueur, n’aient pas été accompagnées de la mise en place d’une compensation sous forme par exemple d’un revenu de base ?  

Cette question a déjà été largement évoquée, lors des présidentielles de 2017, mais « l’Observatoire des Inégalités » dans son n° du 5 juillet 2019 propose la création d’un « Revenu minimum Unique » de 860 euros mensuels, plus élevé en fonction des charges familiales, « équivalent du seuil actuel de pauvreté pour une personne seule, soit l’équivalent à 50% du revenu médian, mais le revenu moyen étant de 710 euros, il faudrait l’élever de 150 euros par mois… financement par rétablissement de l’ISF et imposition des revenus du patrimoine par un barème progressif ».

Ceci pourrait être une hypothèse de travail, mais si le gouvernement ne fait rien on risque le drame social !  


(1) Communiqué de la Dares, le Monde des 25/26 octobre et (2) le Monde des 1 /2 novembre 2019.