socials Twitter SDL Facebook SDL Vimeo SDL

Sauver la planète…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Les problèmes environnementaux ont pris beaucoup d’importance au cours de ces dernières années. La pollution atteint des niveaux tels que les gouvernements, sous la pression de la rue, ont dû prendre des mesures de protection..

 

Quatre exemples pour illustrer ce problème.
-    La taxe carbone.   C’est lors de la réunion de Kyoto de 1997 que l’idée d’une taxe carbone est née, à l’origine à caractère international. Après l’essai d’un marché du carbone où les entreprises pouvaient échanger des « quotas carbone », ce qui a conduit à de nombreuses fraudes, on a reparlé de la taxe carbone lors des travaux du GIEC et de la COP 21 à Paris. Mise en place d’une manière différente selon les pays (1) elle ne deviendra effective en France qu’en 2014 lors du Gouvernement Ayrault, après deux essais en 2000 et 2010.
Cette taxe appelée également « Contribution Climat Energie ou CCE » est une application du « principe Pollueur-payeur ».  C’est une « composante des taxes intérieures de consommation sur les combustibles fossiles (TIC) proportionnelle à leur contenu carbone ». D’un montant de 7euros/t.CO2 à l’origine elle devait atteindre 103,4 euros en 2022. Par suite du mouvement des gilets jaunes, elle est supprimée pour les lois de finances 2019 à 2022. En 2019 pour les carburants automobiles elle a été limitée à 0,12 euros pour l’essence et 0,13 pour le gazole.
 La plus grande partie des français s’élèvent, à juste titre contre la pollution, mais n’acceptent pas de faire un effort pour les carburants (pouvoir d’achat, mise en cause des libertés individuelles par l’Etat…). Les gouvernements sont incapables de faire passer ce message. 
-    Les Eoliennes (2) sont certainement une bonne solution anti-pollution, mais elles ont deux contraintes. Il faut qu’il y ait du vent et la seconde obligation est celle des riverains : nous n’en voulons pas disent les riverains, ça dénature le paysage…mais surtout il y a les écolos, les élus et les chasseurs. Ces grands pylônes métalliques troublent lièvres et lapins…Depuis un arrêt du Conseil d’Etat qui leur a donné tort, la question semble débloquée, en particulier pour l’implantation d’Eoliennes en mer, certaines régions étant très ventées, car la productivité est supérieure aux Eoliennes terrestres et non polluantes. Certes, entre voir la mer et un parc d’Eoliennes, on comprend, mais il faut se faire une raison, s’éclairer à la bougie ou accepter ce dérangement ?
-     Les cellules photovoltaïques, bonne solution, la France a pris beaucoup de retard, avec pourtant les zones sud ensoleillées (voir le développement au Maroc). Risques de conflits ? 
-    L’énergie atomique, mais le souvenir de Tchernobyl est toujours présent. D’autre part quand on voit les problèmes techniques posés par celle de Flamanville ! La France a décidé de construire de nouvelles Centrales de 3ème génération est-ce raisonnable ? Mais la crainte des gouvernants devant les besoins futurs et la poussée démographique, peut s’expliquer, alors que les citoyens n’ont pas été consultés, En dehors du risque, que faire lors du démantèlement des centrales ?
La France a-t-elle les moyens de lutter contre la pollution tout en assurant son avenir énergétique ? Pour partie, mais en plus des progrès technologiques il faudrait que les pouvoirs publics s’occupent de faire évoluer les mentalités et surtout effacer l’ignorance et les égoïsmes locaux.


(1) Grande Bretagne, sont visées l’industrie et le commerce ; Danemark les Entreprises, les particulier ; les Administrations…source E-RSE ; (2) Les Eoliennes, le Monde du 9 octobre 2019.