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Le triomphe de Boris Johnson mais…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Bojo et le parti conservateur peuvent être satisfaits avec une majorité absolue au Parlement, un parti travailliste largement défait et un Brexit à portée de main...

 

 

...après trois ans de discussions et de contestation, les Anglais peuvent fêter Noël avec plus de quiétude. Et portant…
Rien n’est réglé, car si le 30 janvier 2020 Boris Johnson peut célébrer la sortie de l’Angleterre de l’Union Européenne, il devra tenir compte de nombreux sujets en instance :
-    Les anglais ont vécu dans l’incertitude pendant longtemps, hésitant entre s’éloigner de l’Europe ou trouver un modus vivendi avec elle. Des liens, des circuits économiques avaient vu le jour, tout devra être recomposé au mieux pour l’Angleterre et l’Europe, et cela demandera du temps, beaucoup de temps ;
-    La fracture entre ceux qui criaient « remain »(1) et les durs du Brexit existe toujours, l’Angleterre qui voulait conserver des rapports avec l’UE,  celle du projet de Teresa May (2) , est loin d’être refermée. Sans parler d’une nouvelle « guerre de religion », on peut craindre que cette opposition ne conduise à l’existence de deux clans difficiles à réconcilier ;
-    Le Royaume-Uni était en fait une mosaïque de territoires supportant de plus en plus mal la tutelle de Londres. A l’occasion du Brexit les envies d’indépendance sont devenues de plus en plus grandes. Après un referendum raté l’Ecosse semble prête pour un second avec l’indépendance toujours plus exigée ; l’Irlande du Nord, le Pays de Galles y songent également…M. Johnson, certainement peu favorable à ces désirs d’indépendance, devra-t-il diriger un pays aux dimensions réduites ou maintenir par la force ? On sait quel drame a vécu l’Irlande ;
-    Enfin parmi les questions à régler, il y a le problème du service de Santé (NHS 3), passer sous la coupe américaine ? Peu d’Anglais y sont favorables ; que vont devenir ces ports qui risquent de perdre une partie de leur trafic, ces entreprises qui perdront leurs débouchés, ces banquiers qui gagnent l’Europe, L’Angleterre n’est pas encore Singapour…
-    Beaucoup d’Anglais et d’européens sont inquiets, Boris Johnson trouvera-t-il une solution ?

(1)    Remain, rester dans l’UE ;
(2)     Teresa  May, premier Ministre avant Boris Johnson, avait présenté un projet conservant des liens avec l’UE, rejeté systématiquement par le Parlement de Londres. 
(3)     « NHS, national Health, service »,  service national de santé.