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L’Otan en état de mort cérébrale…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Le Président Macron a déclaré récemment « l’OTAN est en état de mort cérébrale ». (1) Cette affirmation a conduit plusieurs pays européens à s’opposer à cette prise de position...

 

 

... En premier lieu Angela Merkel « Je ne pense pas qu’un tel jugement intempestif soit nécessaire, même si nous avons des problèmes, même si nous devons nous ressaisir ». Est-ce possible ?

L’OTAN a été créée après la deuxième guerre mondiale pour regrouper les pays de l’Ouest qui craignaient l’expansion de la Russie, à un moment où les partis communistes étaient très importants dans tous les pays. Staline a hésité à créer le pacte de Varsovie qui se voulait l’opposition de l’OTAN. L’invasion n’a pas eu lieu, mais la guerre froide a duré longtemps, bien après sa mort en 1953 jusqu’à l’ère Gorbatchev et Eltsine. Dès lors l’OTAN a paru inutile. Mais le successeur Vladimir Poutine, qui n’a jamais supporté l’amoindrissement de l’empire soviétique, a relancé une politique d’armement et de conquêtes dont l’épisode de la Crimée est un exemple. Comment on en est-on arrivé à une telle situation?

Les Etats Unis ont sauvé l’Europe du nazisme en 1945, ils ont géré la guerre froide jusqu’à la période de détente Gorbatchev-Eltsine, l’OTAN a failli disparaître, mais les temps ont changé. Les Etats Unis regardent maintenant vers l’Est, la Chine est leur principal objectif. Politique de Donald Trump déjà annoncée par Obama « Je suis le Président du Pacifique ». Face à cette situation le Président Macron s’inquiète de la politique expansionniste de Vladimir Poutine et souligne la crainte de la perte du «parapluie américain ». Après avoir demandé en vain la création d’une armée Européenne, il souligne la réalité de l’Otan, que se passerait-il si Bachar El Assad attaquait la Turquie, les autres membres de l’OTAN, devraient-ils intervenir ? Le Président Macron essaie une autre politique à savoir un rapprochement avec la Russie afin de l’attirer à nouveau vers l’Europe, ce que n’apprécient pas les pays d’Europe Centrale, sauf la Hongrie de Victor Orban (2) alors que la Russie regarde, elle aussi, vers la Chine.  Comme le souligne l’Economist des vœux pieux de ce type ont déjà été nombreux, mais sans résultats…

(1) Le Monde du 9 novembre 2019 et l’Economist du 9-15 novembre 2019.

(2) voir l’article du Monde du 22 novembre« La politique de Macron vis-à-vis de l’EST fâche en Europe Centrale ».