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Royaume Uni - Union Européenne la rupture est consommée.

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Le Général de Gaulle était opposé à l’entrée de la Grande Bretagne dans le Marché Commun, devenu ultérieurement l’Union Européenne.  Il affirmait qu’elle n’était pas prête pour changer ses habitudes, son style de vie pour ceux de l’Europe...

 

 

...Le Président Pompidou, quelques années plus tard, a pensé que l’union européenne impliquait l’adhésion de la Grande Bretagne. Pendant quelques années Bruxelles, Paris, Berlin ont pensé que l’opération serait un succès. On doit constater que c’est un échec, la greffe n’a pas pris. Certes un grand nombre d’anglais ont souhaité le maintien du Royaume-Uni avec l’Union Européenne, mais les mentalités n’étaient pas suffisamment transformées. On peut penser qu’une période transitoire du temps du Président Pompidou aurait certainement été souhaitable. D’autre part le coté administratif de l’UE traitant des problèmes sans intérêt, avec des responsables manquant d’une vision véritablement européenne mais souple, ne pouvait convenir à une nation fière de son passé déçue par sa perte d’importance dans le monde et craignant certaines conséquences économiques…

Les négociations seront difficiles (1) entre Boris Johnson et Michel Barnier, alors que la guerre est déjà commencée dans le secteur de la pêche, où se trouve les brexiteurs les plus durs, que vont devenir les chalutiers normands ? que pourra faire la construction automobile anglaise et particulièrement les marques de luxe comme Rolls Royce et Jaguar ? Quant à l’agro-alimentaire dont le royaume Uni dépend de la France ? Le tourisme est-il condamné si on remet en vigueur les passeports ? Comment l’industrie du médicament pourra-t-elle survivre à ces nouvelles obligations, sans parler de l’Irlande du Nord et de l’Ecosse… On reproche souvent aux dirigeants français de ne pas savoir expliquer les options de leur politique, mais le problème est identique de l’autre côté de la Manche… Les responsables politiques devraient suivre des cours de communication.

D’autre part qui dans cette crise parle des problèmes humains liés au bouleversement du BREXIT ? Quelques articles de presse mais en Europe et particulièrement en France, sauf ceux qui vont être directement touchés par ces changements économiques, comme les pêcheurs, pas d’intérêt pour ces problèmes. A noter deux articles parus dans le Monde du 1er février2020 :

  • Grimsby était un port de pêche à une centaine de kilomètres de Londres, florissant dans les années 50, il n’a plus de bateaux, et le poisson vendu sur place vient d’Islande, de Norvège, des îles Féroé…En 2016 les habitants avaient voté massivement pour le BREXIT, personne ne s’occupe de leur avenir !
  • Que vont devenir ces français installés en Angleterre ou ces Anglais vivant en France ? Changer de nationalité ? pas évident compte tenu des formalités administratives et vies bouleversées, pas de mouvement de masse à ma connaissance ? Et ce n’est que le début !
  • A noter également l’article d’un chroniqueur des Echos du 3 février 2020 (2) « La douloureuse expérience de la solitude qui attend les britanniques, le 31 janvier 2020 la Grande Bretagne n’a pas retrouvé son indépendance en abandonnant le bateau européen, elle est devenue aux dépens de tous un pays tiers ».

 

(1 ) LE Monde du  1er février 2020

( 2) Les Echos du 3 février 2020, article de Dominique Moisi.