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Mars, juin, Septembre 2020…la France a vraiment changé…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

On ne change pas la société par décret selon Michel Crozier, nous l’avons déjà rappelé, mais la change-t-on après une pandémie, pas sûr. Les français ont eu peur, ils l’ont encore, mais cela suffira-t-il à changer une mentalité ? Quand on voit les évènements des derniers mois, on peut en douter...

 

 

 

A l’’automne 2019 fortes tensions politiques avec la réforme des retraites,  laquelle  est actuellement bien oubliée, gouvernement, syndicats, patronat tout le monde s’est bloqué, ce qui nous a valu de nombreux jours de grèves d’où désorganisation économique, pertes de salaires et mécontentement…Alors que rien n’était réglé, invasion par le virus Covid 19 montrant le courage des agents hospitaliers, et l’imprévoyance du gouvernement. C’est la deuxième fois  que le gouvernement est incapable de prévoir une crise, alors que les signes étaient visible….Actuellement, en complément, une mise en cause souvent justifiée,  des méthodes de la police et de la psychologie de ses membres. On va réformer, changer un peu les règles, mais sur le fond…

On entend maintenant régulièrement des chroniqueurs, se disant compétents, pour affirmer, « on sortira de cette crise et ça ne sera plus comme avant ». On ne change pas la société par décret, mais non plus la psychologie des gens, quelques pistes :

-          Il est vraisemblable que  tous les progrès liés au développement technique seront modifiés ou fortement diminués : les voitures électriques seront moins nombreuses car beaucoup plus chères ; on ne prendra plus sa voiture pour aller chez le commerçant du coin ; les transports aériens et maritimes vont réduire leur activité car la demande de marchandises ou de touristes baissera ; le train lui reprendra une partie de sa clientèle ; la mondialisation avec sa recherche effrénée  de profits, délocaliser les productions pour payer moins de salaires mais plus de dividendes sera obligatoirement revue, on aura peut-être moins de pauvres et surtout de milliardaires ;  certains prestataires comme l’hôtellerie ou la restauration devront certainement limiter leurs ambitions ; par contre la lutte pour l’amélioration du climat se développera certainement ; certaines industries reviendront certainement dans leur pays d’origine, si les conditions sociales et économiques le permettent, la mise en place d’un revenu minimum  encouragera le mouvement ;

-          Mais où les chroniqueurs de la radio ou de la télévision rêvent, en affirmant, tout sera différent, car le coté révolutionariste des français subsistera, et dès qu’ils le pourront ils essaieront de revenir à l’ancienne situation avec ses privilèges, on verra si les élans de solidarité observés actuellement existeront encore.

-          Mai, juin septembre ensuite des milliers de chômeurs, en particulier les jeunes avec une formation sacrifiée par le virus, les grèves, les mouvements sociaux ? La France a-t-elle changé, sauf peut-être pour la contestation du racisme et le rôle de la police ?